La nature de ce document doit nous inciter à une extrême prudence.
Il aurait dû être divulgué de nombreuses années après la disparition de son auteur.
Doutant autant des francophones futurs que de ses contemporains, il préfère, de manière « anonyme », le communiquer de son vivant.
Ce grand bric-à-brac qu'est le web était l’endroit idéal !
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Naturellement, il s’agit d’une création à vocation littéraire, inscrite dans une démarche similaire à celle d’un certain Sénèque, écrivant à Lucilius, de l’an 64 à son décès, en 65
(sur ordre de Néron).
Des lettres de Sénèque, 124 ont traversé deux millénaires.
D’après les spéculations, au moins un tiers auraient disparu.
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S'il n'y avait eu internet...
L’éditorialiste retenu pour l’introduction, en 2100 ou 2150, essayerait vraisemblablement de fournir quelques précisions, du genre :
L’auteur a échangé de nombreux courriels avec Gaëlle en 2006. La datation nous semble certaine, grâce aux références. Sur son ordinateur, nous n’en avons retrouvé aucune trace. Il est vrai qu’il en changeait régulièrement. Dans son carnet d’adresses électroniques, aucune Gaëlle. Parmi les 924 668 abonnés au dernier numéro du mensuel lewebzinegratuit.com, sa création la plus connue de ses contemporains, nous avons dénombré 354 Gaëlle. La femme effective avait peut-être résilié son abonnement... ou utilisait une adresse où ne figurait pas son prénom. Inutile de chercher une Gaëlle dans une meule de mails.
A priori leur correspondance débute avant 2006 mais à partir de la lettre par nous appelée 1, l’auteur utilise une chemise rouge sur laquelle il note « courriels à Gaëlle », sans conteste les brouillons des mails. Les modifiait-il avant de les envoyer ? On peut le supposer : il avoua plus tard dans son webzine : « saisir un texte est une opération quasi mécanique, réalisée en musique ; et pourtant, à chaque fois, quelques mots sont modifiés. » On peut aussi présager quelques banalités, d’actualité ou de politesse. Et des références à son propre travail.
Comme de Lucilius, il ne subsiste rien des écrits de Gaëlle. Des fouilles archéo-numériques sont actuellement effectuées au musée, où le maire (un anglais utilisant le dernier modèle de traducteur vocal lors de ses échanges avec les francophones) accueille chaque année des milliers d’inconditionnels lors de leur DD [Droit de Déplacement, note de l’éditeur 2006]. C’est même devenu son AUP [Activité d’Utilité Publique, NDE 2006].
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